Signalisation bilingue. Article Ouest-France 16-XII-06

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Signalisation bilingue. Article Ouest-France 16-XII-06

Kemennadenn par Gwenael le Dim 17 Déc 2006, 11:35

« Les panneaux bilingues, un enjeu économique »
Roseline Le Squère, chercheuse en sociolinguistique, a travaillé sur le thème de l'affichage bilingue. Elle répond à nos questions.
Pourquoi la signalisation bilingue français-breton, nouvellement installée sur les routes, suscite-t-elle autant de réactions ?

Généralisé en Bretagne, cet affichage a le vent en poupe. Mais dans le Morbihan, la décision a tardé. Cela s'explique par le fait que l'ancienne présidence du conseil général refusait la signalétique bilingue. Or, à l'heure actuelle, les réactions contre sont très fortes, y compris en territoire bretonnant, parce qu'on ne demande pas aux gens leur avis. Pour des personnes âgées, à qui on a interdit de parler breton, cela fait parfois ressurgir des choses difficiles. Certains qui se sentent citoyens du monde ont ras-le-bol d'un exotisme qui leur paraît superficiel. Pour d'autres, c'est de l'argent mis par les fenêtres.

Et dans l'Est, partie gallèse du département, quel est le sens de ces réactions ?

C'est encore plus compliqué. Pour les gallèsants, le breton ne leur ressemble pas. Je comprends parfaitement Matthieu Rollo pour qui c'est dur de voir une autre identité régionale prendre le pas sur la sienne. La toponymie fait partie de l'identité. Lorsque ces noms bretonnants n'apparaissent pas dans les archives, qu'ils sont recréés, c'est une transformation de l'identité. Or, le nom d'un lieu est celui qu'on dit, qu'on écrit, et qui est donné par les gens qui y habitent.

Pourquoi alors les politiques imposent-ils partout ces panneaux ?

Leur but : d'abord valoriser le territoire régional. Pierrik Nevannen, vice-président au Département, l'a fait pour sa commune. Il a voulu appliquer cela ailleurs. Les enjeux sont en fait économiques. Les panneaux font partie du paysage. Cela donne l'impression aux touristes d'être dans un endroit authentique. Et cela marche. C'est dommage que les politiques ne soient pas clairs sur les véritables objectifs.

Pourquoi ne voit-on pas ou très peu de panneaux en gallo ? Qu'en est-il de la reconnaissance de cette langue ?

C'est une langue romane, donc proche du français. D'ailleurs, souvent les gens n'ont pas le sentiment d'être locuteur gallo. À Rennes, l'opération d'affichage bilingue français-gallo dans le métro a été taxée d'opération ratée. L'association Bretagne gallèse avait opté pour une variété de la langue qui n'est pas celle que les gens parlent et dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. Le gallo est d'abord parlé avant d'être écrit. Pour les politiques, l'identité gallèse n'est pas suffisamment payante en terme d'image. On est donc dans un cas de double situation de domination, celle du français et du breton, sur le gallo. Cela commence à poser problème. Un point positif : le président du conseil régional, Jean-Yves Le Drian, a reconnu dans un texte officiel, en décembre 2004, des langues régionales en Bretagne : le breton et le gallo. On n'avait jamais entendu cela auparavant. Ces panneaux auront-ils une influence sur la pratique du breton ou du gallo ? On le saura d'ici plusieurs années.


Recueilli par Nathalie JAY.

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Kemennadennoù : 150
Enrollet d’an : 23 Déc 2005
Localisation : Bro-Gernev

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