Encore un effort pour la koinê

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Encore un effort pour la koinê

Kemennadenn par Kilroy le Lun 18 Sep 2006, 00:02

Peuruvan / Peuzunvan .
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L’exposition sur « La langue bretonne au Pays de Guérande » (1) pose, à mon avis, de façon cruciale le problème de la relation entre dialecte et langue commune.

L’exhumation du breton de Batz (BdB par commodité), due aux remarquables travaux et recherches de Gildas Buron, fait penser au sort qu’a connu la langue cornique.

Question : le BdB peut-il, après s’être éteint « au sein de la mère », renaître dans les livres, après une « reconstruction », comme l’a fait le cornique ? La réponse est non : le BdB ne dispose pas du réservoir de lettrés locaux disposés à s’atteler à un « revival », par le truchement d’une codification de la graphie et d’un prosélytisme pédagogique.

Le BdB ne sera plus jamais le dialecte local du Pays de Guérande. C’est évident. Sa vocation est donc d’être, en tant qu’objet patrimonial, dialecte vannetais disparu, sous-dialecte breton digne d’un grand intérêt. (2)

Pivot et périphérie.

Le pivot de la langue commune, la koinê, étant historiquement défini par le génie de Le Gonidec et de R. Hemon, les vannetisants devraient reconnaître sans équivoque le rôle central du dialecte du nord-ouest. S’ils ne l’ont toujours pas vraiment fait, en 2006, c’est que les partisans du peuruvan n’ont pas fait, eux, assez d’efforts pour intégrer le vannetais. alien

Peurunvan / Peuzunvan.

L’occasion nous est donnée, avec cette magnifique exposition sur le BdB (tant de savoir accumulé dans de si modestes locaux !), de remettre en question l’accord orthogaphique de 1941. Le peurunvan n’est pas sur-unifié, comme le prétendent ses détracteurs ; il n’est pas assez unifié. Peuzunvan (3), pourrait-on dire. Tout le problème est là.

Le BdB offre de riches perspectives aux chercheurs, dialectologues, ethnographes. Mais ne pourrait-on aussi l’accueillir comme une incitation à mieux intégrer le dialecte vannetais dans le système orthographique de la koinê ? Le dialecte du sud-est est un trésor parlé -et chanté- qui vaut bien celui du Tregor.

Une langue unie ou partitionnée ?

En France, les dialectes romans d’oïl, tels que le normand,, le maine-angevin, le poitevin-saintongeais, le berrichon, s’écrivent avec l’orthographe du français. Mais en Bretagne, au siècle de l’informatique, de l’internet, des protocoles pertinents, performants, nous sommes toujours dans l’insécurité graphique. Ecrivez comme ça vous chante, tel est le mot d’ordre, ou plutôt de désordre. D’où le persiflage d’une Arlette Laguiller : « Le breton n’est pas une langue écrite »…

Puisse l’expo sur le BdB mettre un terme à un certain nombre d’idées reçues, telles que :

*le peurunvan est trop unifié. « Breton chimique »
*le peurunvan est bien unifié. Ad eternam.
*les vannetisants font bande à part. C’est leur droit.
*les dialectes sont plus importants que la langue commune.
*Les sous-dialectes sont plus importants que les dialectes.

Kilroy.
17/09/06.
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(1)- Batz-sur-Mer, Musée des Marais salants,
Tél : 02 40 23 82 79. L'exposition dure jusqu’en 2007.
(2)- Dialecte créolisé par la langue française - comme tous les dialectes encore parlés en Bretagne - et influencé par le parler gallo local.
(3)-Le préfixe « peus-« vient relativiser la valeur du radical et donne l’idée de « à peu près, presque ».

Kilroy
Ezel

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Enrollet d’an : 25 Aoû 2006

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dialecteù

Kemennadenn par froud le Lun 18 Sep 2006, 17:53

Je pense que dans l´état moribond dans le quel se trouve la langue bretonne (je ne parle pas de sa pratique artificielle par les francophones première langue), il est inutile de vouloir faire de l´acharnement thérapeutique sur les dialectes pour lesquels manque l´essentiel: les locuteurs authentiques...
Pour sauver la langue, il faut en extraire le meilleur et non pas prétendre unifier ce qui n´est pas unifiable... car le résultat, c´est une langue impraticable car trop complexe et inutilement alourdie...
Il faut partir du breton le plus parlé localement, le transcrire le plus simplement possible et de la façon la plus cohérente, en s´efforçant de faire apparaître et de sauvegarder le maxcimum du génie de la langue et finalement adopter cette version pour en faire un modèle pour tous les bretonnants et néobretonnants.

froud
Ezel oberiant

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Enrollet d’an : 24 Aoû 2006

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adarre

Kemennadenn par froud le Lun 18 Sep 2006, 18:03

C´est comme ça que se sont constituées les grandes langues nationales, à partir du dialecte le plus satisfaisant (ou prestigieux), tout en assimilant des traits des autres dialectes... (ex: l´italien à partir du toscan, le Français à partir du francien...). Quel est le dialecte breton le plus parlé ? Je l´ignore, mais quelqu´il soit, il doit être choisi, même s´il s´agit du vannetais qui , soit dit en passant, est parfois plus régulier et plus cohérent que les autres, et plus facile pour les francophones et gallophones (s´il en reste...).

Il a été dit sur ce forum par ailleurs que l´orthographe universitaire ne tiendrait pas compte du vannetais... C´est archi-faux puisqu´il existe une version spéciale pour le vannetais en universitaire, qui reste très proche de la version KLT et qui est plus conforme à la langue parlée (ex: H au lieu de C´H ou ZH, EÙ au lieu de OÙ etc...).

froud
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bdb

Kemennadenn par froud le Mar 19 Sep 2006, 17:28

Excusez le monologue, mais le moins qu´on puisse dire, c´est que ça se bouscule pas au portillon lorqu´il s´agit de parler du breton, et encore moins quand il faut parler breton... Rolling Eyes

Si le breton du bourg de Batz en Guérande est un sous-dialecte vannetais, cela corrobore mes propos sur un autre fil comme quoi il y a eu extension vers l´est du breton en terres romanes suivie d´un recul, contrairement au domaine KLT/Ossismes qui aurait toujours été de langue celtique (gaulois armoricain puis britto (?) -gaulois armoricain)... Basketball

froud
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Re: Encore un effort pour la koinê

Kemennadenn par Gwenael le Mar 19 Sep 2006, 22:33

La langue littéraire doit beaucoup à l'un des grands dialectes, celui du Léon, qui n'était peut-être pas au début du XXème le plus parlé mais vraisemblablement le plus écrit. A-t-on eu raison de ne vouloir qu'une norme écrite? A-t-on eu raison de vouloir tenir compte de certains traits non léonards dans le breton commun? Personnellement j'ai tendance à répondre oui à ces deux questions. Et l'écriture que préconise Kilroy ne me semble pas promise à un bel avenir et est un argument de plus pour les adversaires du breton. Citer Laguiller est faire bien trop d'honneur à cette disciple de l'abject Bronstein mais d'autres adversaires du breton se réjouiront de voir que l'on perd encore de l'énergie à créer une nouvelle graphie, énergie qui serait bien mieux employée à écrire dans la graphie majoritaire.
A wir galon,
Gwenael

Gwenael
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Enrollet d’an : 23 Déc 2005
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graphie

Kemennadenn par froud le Mer 20 Sep 2006, 19:13

Pas de problème pour adopter une graphie majoritaire, sauf...
Sauf si cette graphie est incohérente, pleine de surcharges inutiles, faussement unificatrices et qui au final alourdissent et enlaidissent la langue, sans oublier les fautes de prononciation qu´elle entraîne chez les néobretonnants (francophones ou pas)...

Il serait (avec un minimum de bonne volonté de part et d´autre !) relativement facile de résoudre le problème en adoptant une graphie médiane qui rejetterait les traits les plus dissociants et les moins consensuels :

- ZH facultatif ou remplacé par Z ou H;
- Terminaisons douces lorsque que les dérivés le justifient;
- Rejet du S doux à la place du Z et du W à la place du V (interdialectal);
- Z leonais optionnel;
- Maintien des traditionnels AO, EO, IOU, AOU...

Le problème le plus épineux me semble être celui du C´H dur et du C´H doux, écrit H en universitare...

froud
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rannyezou

Kemennadenn par froud le Mer 20 Sep 2006, 20:46

qq´un peut-il m´expliquer pourquoi les parlers limitrophes du domaine gallo, où on parle plus guère breton (Goelo, Reter, Guéned-ihuel) sont parfois ceux qui ont conservé des formes anciennes ?

froud
Ezel oberiant

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Re: Encore un effort pour la koinê

Kemennadenn par Ar Barzh le Ven 27 Oct 2006, 15:10

Salud dit Froud,

J'ai répondu à tes questions en créant de nouveaux fils dans le forum en français, afin d'éviter le hors-sujet.

Ar Barzh
Ezel

Kemennadennoù : 3
Enrollet d’an : 26 Oct 2006

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